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Sos Racisme : Appel à une Pride européenne pour les Roms le 1er octobre

Il y a un an, de nombreux citoyens roumains et bulgares étaient brutalement expulsés de France parce que Roms.

Ces actes de violences se déroulèrent sous l’œil des caméras de télévision mais dans l’indifférence quasi-générale, non seulement des classes politiques, mais également des sociétés civiles européennes.

Pour beaucoup, elles apparaissaient comme le dernier acte d’une tragédie que devraient fatalement subir les Roms à travers toute l’Europe depuis plusieurs siècles, et dont les persécutions des nazis et de leurs collaborateurs ont constitué le paroxysme, mais pas la fin. Beaucoup se sont résignés à l’indifférence par lassitude, par manque de protection politique ou institutionnelle, par autoconviction que ces positions de dominés étaient acceptées voire désirées par les Roms eux-mêmes.

L’évocation de ces violences est pourtant insupportable : en Hongrie, manifestations des milices d’extrême droite dans les villages où vivent de nombreux Roms, comme à Gyongyospata, les obligeant à fuir.

En République Tchèque et en Hongrie, assassinats et crimes racistes. Dans de nombreux villages, les Roms sont séparés du reste de la population par des murs construits à cet effet par les autorités locales, comme à Tarlungeni ou Baia Mare en Roumanie, Michalovce, Koice, Preov ou Svinia en Slovaquie, Sliven en Bulgarie,…

En Serbie, Croatie, Moldavie France et Turquie, violentes discriminations raciales dans tous les secteurs de la vie. Retours forcés au Kosovo et expulsions d’Allemagne, du Danemark et de Suède, etc. Cette funeste liste pourrait s’allonger indéfiniment, si bien que les sentiments de fatalité et d’impuissance, voire de normalité de la violence subie l’emportent parfois, même chez certains d’entre nous.

Ces sentiments sont similaires à ceux qui avaient gagné les membres de la communauté gay américaine jusqu’à la fin des années soixante. Ils s’étaient habitués aux représentations dégradantes, à la condition de marginalité, à ne pas jouir des mêmes droits que les autres citoyens et à subir régulièrement des violences, individuelles comme policières, simplement parce qu’ils étaient gays.

Le 29 juin 1969, suite à la descente policière du jour au Stonewall Inn, petit bar gay du quartier de Greenwich Village à New York, une poignée d’habitués, rejoints par quelques habitants du quartier, ont décidé de dire « Assez ! ».

Après quatre jours de confrontations avec la police, quelque deux milles personnes ont organisé une marche dans les rues de la Ville : la Gay Pride était née. Un an après l’affirmation d’une politique anti-Roms délibérée en France, quelques jours, mois ou années après les insupportables violences racistes subies par les Roms sur tout notre continent, le samedi 1er octobre sera le « Stonewall rom européen ». Ce jour-là nous, responsables de la société civile européenne antiraciste et rom, allons assumer nos responsabilités et crier avec force et détermination : « Dosta ! », « Assez ! ».

Avec fierté et espoir en une Europe débarrassée du racisme, de l’antisémitisme et de toutes les discriminations raciales, nous allons marcher pour la première Roma Pride. Nous en avons assez des stéréotypes racistes, assez des discriminations raciales permanentes, assez de la marginalisation forcée, assez des violences quotidiennes, assez du statut de bouc-émissaire, assez des meurtres racistes, qui touchent les individus ou communautés roms au cœur de notre continent depuis trop longtemps, assez ! Ensemble, avec de nombreuses organisations de la société civile, des citoyens engagés célèbres ou anonymes, puissants ou faibles, nous allons défiler au cœur des capitales européennes pour faire mieux connaître et pour dénoncer le racisme et les discriminations raciales dont sont victimes les Roms, aujourd’hui, à travers toute l’Europe.

A l’occasion d’événements culturels, nous partirons à la rencontre de tous ceux qui souhaitent mieux connaître la diversités des cultures, des identités, des histoires et des mémoires roms, bien loin des stéréotypes et clichés éculés. Par notre action commune, nous ferons vivre le rêve européen et la valeur d’égalité qui le fonde. Notre revendication sera donc simple et claire : l’égalité des droits et l’égale jouissance des droits pour tous les individus vivant en Europe. En un mot, la dignité. Ainsi, nous mènerons une coalition européenne de solidarité et d’idéal de la Norvège à la Turquie, de la France à la Lettonie en passant par la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie et bien d’autres pays européens pour clamer haut et fort : Roma Pride !

Benjamin Abtan, Secrétaire Général du European Grassroots Antiracist Movement – EGAM, et les dirigeants d’organisations roms et antiraciste de 21 pays européens :

Abanie : Aldo Merkoci, Président de MJAFT ! Movement et Adriatik Hasantari, Président de Roma Active

Allemagne :Bruno Philipps Président du comité directeur de KARAWANSEREI SAXONY et Serdar Yazar, Membre du Bureau de la Turkish Union in Berlin-Brandenburg (TBB)

Autriche : Barbara Liegl, CEO de ZARA, Alexander Pollak, Directeur Exécutif de SOS Mitmensch et Andrea Härle, Directeur Exécutif de Romano Centro

Belgique : Patrick N’Siala Kiese, Membre du Bureau de Kif Kif

Bulgarie : Krassimir Kanev, Président du Comité Helsinki et Deyan Kolev, Président du Centre Amalipe pour le dialogue interethnique et la tolérance

Croatie : Mario Mazic, Directeur de Youth Initiative for Human Rights – Croatia

Danemark : Thomas V. Lytken Larsen, Président de Center for Positive Integration – CePI, Anne Nielsen, Présidente de SOS mod racism et Sofie Amalie Andersen, Présidente de Nyt Dansk Romanetværk

Finlande : Janette Grönfors, Coordinatrice de Rasmus, réseau contre le racime, et Membre fondatrice de Nevo Roma

France : Dominique Sopo, Président de SOS Racisme et Eugène Daumas, Président de l’Union Française des Associations Tsiganes – UFAT

Grande-Bretagne : Samuel Tarry, Directeur de la campagne ‘Hope not hate’ de Searchlight

Hongrie : Janos Farkas, Président du Gouvernement de la minorité Rom de Gyöngyöspata et Erika Muhi, Directrice de NEKI

Italie : Angela Scalzo, Président de SOS Razzismo et Olga Bala, Présidente de Partita Romilor

Kosovo : Raba Gjoshi, Directrice de Youth Initiative for Human Rights – Kosovo et Osman Osmani, Directeur de Initiative 6

Lettonie : Anhelita Kamenska, Directrice du Latvian Centre for Human Rights

Moldavie : Nicolae Radita, Président du Roma National Center

Monténégro : Boris Raonic, Directeur de Youth Initiative for Human Rights – Montenegro

Norvège : Kari Helene Partapuoli, Directrice du Norwegian Center Against Racism

Roumanie : Margareta Matache, Directrice Exécutive de Romani Criss

Serbie : Jovana Vukovic, Coordinatrice du Regional Centre for Minorities et Maja Micic, Directrice de Youth Initiative for Human Rights – Serbia

Slovaquie : Irena Bihariova, Présidente de Ludia proti rasizmu (People against racism)

Turquie : Selda Bilocer, Président de Roma Youth Association et Cengiz Algan, porte-parole de Durde !

source article : http://www.sos-racisme.org

 

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