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Le Web bouleverse le marché de la culture

Il est trop facile d’opposer l’intérêt des internautes et celui des industriels lorsqu’on évoque la production culturelle. L’économie de la gratuité n’existe pas, et derrière ce néologisme savant se cache en réalité une transformation des rapports de force dans le secteur. Au-delà des idées préconçues, comment les transformations induites par la numérisation des contenus culturels sont-elles appréciées par le grand public ?

Tandis que longtemps, les producteurs tenaient un rôle central dans l’offre de contenus, ce sont aujourd’hui les éditeurs qui arrivent à capter le financement des annonceurs publicitaires. Alors que la révolution numérique a durablement modifié la structure du marché, Nicolas Glady nous explique dans une tribune postée sur Slate qu’elle a permis « la suppression des intermédiaires, avant de rappeler que ces changements ont déjà eu lieu dans le domaine de la musique, du cinéma ou de la télévision. De nos jours, chacun à accès à des millions de contenus, qui ont parfois étés créés quelques jours auparavant et de l’autre côté de la planète ». Longtemps fantasmée, cette vision de la création est désormais une réalité, et petit à petit, les usagers s’aperçoivent des profondes conséquences…

Le journal Le Monde s’est d’ailleurs intéressé à l’évolution des perceptions de la gratuité sur internet. L’article intitulé, Payer sur le Net est devenu un acte militant, donne la parole aux usagers qui ont décidé d’utiliser des services en ligne payants. Benjamin considère par exemple que « les gens se rendent compte que ce qu’ils voient sur leurs écrans ne se fait pas tout seul et a nécessité du travail. Je dirais qu’à la magie du début a succédé une vision plus pragmatique du Net, qui correspond d’avantage à la réalité des entreprises et des acteurs du secteur ».

Parmi les nombreuses réactions, on dénombre aussi plusieurs arguments de bons sens qui n’étaient pourtant pas audibles il y a encore quelques années. C’est notamment le cas de la déclaration de Joëlle qui rappelle « qu’aucune création n’est viable sur le moyen terme sans source de financement, et donc soit j’accepte d’être polluée par la pub et de fournir encore plus d’infos sur mes habitudes, goûts, etc., soit je paie pour ce service ». Entre respect de la propriété intellectuelle et financement de la culture, le problème qui se pose nécessite une réponse globale. C’était d’ailleurs l’objet de l’Accord Commercial Anti-Contrefaçon, signé par les membres de l’Union Européenne ; toutefois, comme le souligne Emily Tonguet de l’Université Paris Nanterre sur sa plateforme de publications web, l’incertitude persiste quant à l’application effective de ce traité.

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