Jean-Yves Ollivier : son passé de diplomate parallèle

A l’occasion de la sortie de son autobiographie « Ni vue ni connue » (Fayard, janvier 2014), Jean-Yves Ollivier a décidé de finir, après la sortie de… de dévoiler son identité de négociateur de l’ombre. Retour sur le parcours atypique de cet homme d’affaires.

Depuis que son livre « Ni vu ni connu » est en vente dans les librairies, Jean-Yves Ollivier enchaine les plateaux télés et les interviews. L’express, le Point, France 24…celui qui, il y a quelques mois à peine, cherchait à passer inaperçu en fuyant les lumières médiatiques, s’est mis à parler et à faire parler de lui. Déjà, le documentaire « Plot for Peace » avait, dans une moindre mesure, commencé à faire connaitre au grand public les interventions décisives de cet homme dans les années 1980. Au départ, Jean Yves- Ollivier exerçait la profession d’homme d’affaires en s’occupant du commerce de matières premières. Cette activité l’amène à entrer rapidement en contact avec des personnalités politiques importantes comme Jacques Chirac, alors maire de Paris, dont il devient, dans les années 1980, un des conseillers Afrique. Là commence son aventure africaine et son rôle de négociateur. Jean Yves Ollivier sera ainsi l’un des principaux acteurs de la libération de Nelson Mandela.

Ce dernier épisode ne manque pas, à chacune de ses interventions, d’intéresser les journalistes, qui invitent sur ce point notre « diplomate parallèle » à plus de précisions. Ce dernier explique que, en tant que natif d’Alger, il a connu le douloureux rapatriement des pieds noirs vers la métropole et la difficile adaptation qui a suivi. Grand connaisseur le l’Afrique, il avait compris que les blancs d’Afrique du Sud iraient aux désastres si Mandela n’était pas libéré par ces derniers. C’est donc dans l’intention de tout faire afin d’éviter que le drame algérien se répète à travers une possible issue sanglante de l’Apartheid que Jean-Yves Ollivier s’est impliqué dans la libération de Mandela. Il finira d’ailleurs décoré de « l’Ordre de Bonne Espérance », une des plus hautes distinctions sud-africaines.

Il interviendra dans d’autres négociations comme, par exemple, la libération du capitaine sud-africain Wynand Du Toit. Partie prenante à ces négociations cruciales, Jean-Yves Ollivier était conscient des risques qu’il prenait. « Sortir les fous ou les jokers du jeu, rétablir la hiérarchie des valeurs en associant ceux qui ont vocation à l’être et, pour tout dire, créer de l’ordre à partir du chaos », voilà comment lui-même résume son action. De peur que sa mémoire ne soit galvaudée, il souhaite, aujourd’hui, donner sa version de l’Histoire en racontant la sienne car, comme il dit lui-même, c’est «en admirant le passé dans la lunette du présent, que l’on se rend compte qu’il s’agit de la fin d’une époque. ».

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