A lire

Bolloré veut secouer Vivendi

Depuis mardi, Vincent Bolloré est le nouveau président du conseil de surveillance de Vivendi. L’homme d’affaires semble avoir les idées claires concernant la direction que devrait prendre le conglomérat français.

Vincent Bolloré a à présent les mains libres pour écrire une nouvelle page de l’histoire de Vivendi et compte s’y mettre très rapidement. Il y a bien sûr ce qui est du domaine du symbole (un salaire passant de 750 000 euros annuels à 400 000 euros); mais la stratégie elle-même va évoluer.

Vincent Bolloré ne souhaite plus que le groupe soit un conglomérat chapeautant des filiales. «Vivendi doit devenir un groupe industriel intégré dans les contenus», explique-t-il. «Si l’on regarde aujourd’hui les activités médias qui composent le groupe (Canal +, Universal Music ou l’opérateur brésilien GVT), on constate que la croissance de chaque entité est modeste. Mais le groupe recèle une valeur cachée qui est celle des synergies pouvant être mises en œuvre. Il faut combiner les forces de ces différentes affaires». Sa priorité pour les mois à venir sera donc de révéler la valeur cachée des actifs du groupe.

«Canal + doit se développer sur les marchés anglo-saxons, mais il est très difficile de le faire par lui-même. Or, Universal Music et son patron Lucian Grainge sont des stars des médias aux États-Unis, ils devront aider Canal +, ce qui lui fera gagner du temps et de l’argent. Autre exemple, l’opérateur télécoms GVT doit se développer dans les contenus et Universal Music lui fournira des programmes.» Toutes les entités du groupe sont donc mises à contribution afin de permettre aux autres de se développer.

Comme cela se sait depuis plusieurs mois, Vivendi veut également acheter une plate-forme numérique de contenus. L’entreprise a récemment pris des participations dans CanalPlay (vidéos par abonnement), Vevo (plate-forme de vidéos musicales), Spotify (streaming musical) ou Studio Bagel (chaînes YouTube); mais devrait commencer à regarder Dailymotion, par exemple, avec davantage d’attention.

Enfin, le groupe compte s’implanter durablement en Afrique. «Il y a actuellement 2 milliards d’individus sur terre qui, grâce à la hausse de leurs revenus, veulent accéder à la société d’entertainment. Ces 2 milliards de personnes sont principalement en Afrique et en Asie.» a déclaré Vincent Bolloré. Et il compte sur l’expérience Canal + (présent sur le continent africain via Canal + Overseas) pour permettre à Universal Music de s’y développer.

Laisser un commentaire