Finance-Economie

Dauphine/HEC: Laurent Batsch, le nouveau Guy Lhérault ?

L’Université Paris-Dauphine est en passe de réussir sa transition vers le monde des grandes écoles. Pour y parvenir, elle se tourne également vers l’international avec l’accréditation EQUIS et le classement de Shanghai. Une trajectoire qui n’est pas sans rappeler celle de la prestigieuse école des Hautes Etudes Commerciales de Paris dirigée à l’époque par Guy Lhéraut. Aujourd’hui, cette dernière est considérée comme la meilleure du monde par le Financial Times, nous souligne le banquier Christophe Mazurier. Un titre que le président Laurent Batsch aimerait peut être revendiqué un jour…  

La quête de l’international : un détour obligé

La première business school du vieux continent s’est naturellement inspirée des nouvelles méthodes des Etats-Unis pour incarner l’excellence européenne. C’est donc sous l’égide de son directeur Guy Lhéraut, que la petite école parisienne est devenue la prestigieuse institution de Jouy-en-Josas en entamant une politique d’internationalisation entre 1964 et 1967.

Pour mener à bien sa mission, le directeur d’alors a procédé en deux temps, « après avoir recruté des enseignants venus des Etats-Unis (…) c’était au tour des étudiants d’être envoyés outre-Atlantique poursuivre des doctorats (Phd) afin de constituer l’embryon du corps professoral ». De nos jours encore, de nombreux partenariats sont encore initiés entre les deux rives de l’Atlantique, mais aussi en Asie, comme le prouve son « réseau  PIM », (Partnership in International Management).

Christophe Mazurier, précise d’ailleurs que s’est justement avec cette stratégie que s’est affirmée l’excellence des formations françaises, encore soulignée récemment par le Financial Times : « l’importance accordée à l’international, est souvent vue comme une façon de privilégier les écoles américaines. Pourtant, c’est précisément sur ce point que les grandes écoles françaises ont pris l’avantage ».

En effet, c’est en suivant la même voie que l’Université Paris-Dauphine entend réussir à se faire une place dans les grands noms des établissements français. Ainsi, après avoir obtenu le statut très recherché de « grand établissement », elle fut la première structure publique à obtenir l’accréditation EQUIS qui représente selon son président Laurent Batsch, «  un formidable levier d’ouverture et de changement ».

Paris-Dauphine : du grand établissement aux grandes écoles…

Ensuite, l’université a noué plusieurs alliance avec les grandes institutions de la recherche française comme le CNRS, ou le Collège de France, pour monter la structure Paris Sciences et Lettres et valider  sa stratégie de montée en gamme. D’ailleurs, avec la parution du dernier classement de Shanghai, on constate qu’elle commence à obtenir une véritable crédibilité à l’étranger.

Sur le plan national, l’université est aussi en train de passer un palier puisqu’elle a été acceptée au sein de la conférence des grandes écoles en avril 2014. Une décision logique car comme le souligne son président, « on était déjà considéré comme une grande école, les étudiants comme les employeurs nous percevaient déjà comme tel ».

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Paris Dauphine n’avait pas dissimulé son ambition au moment du grand emprunt, en demandant l’extension de son campus au pôle Leonard de Vinci dans les Hauts-de-Seine. Somme toute, le temps est loin où Paris Dauphine n’était que la petite fac du XVIème arrondissement, comme le montre le succès de l’association Dauphine Discussion Débat qui avait fait la polémique pendant l’élection présidentielle de 2012.

Les deux campus incarnent dès à présent l’excellence éducative française alors qu’ils furent initialement « des établissements expérimentaux ». On peut donc dire que les similitudes entre les institutions de Laurent Batsch et Guy Lhérault apparaissent de plus en plus clairement tandis que chaque établissement dispose de ses figures de proue, on peut citer notamment François-Henri Pinault pour HEC, ou Arnaud Lagardère pour Paris Dauphine…

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