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RTS en flagrant délit de sensationnalisme ?

La Radio Télévision Suisse (RTS), pourtant considérée comme un média de référence, est impliquée dans une affaire qui  jette le discrédit sur l’ensemble de la profession. En diffusant, lors de plusieurs reportages à charge contre le vigneron valaisan Dominique Giroud, des informations confidentielles obtenues par le journaliste Yves STEINER, dont l’éthique et les moyens utilisés pour les obtenir sont aujourd’hui mis en cause,  la chaîne publique s’est fortement discréditée.

Un cas pratique de déontologie journalistique à la RTS

Dans sa charte de déontologie, la RTS affirme « exercer son mandat de service public de manière indépendante de toute pression politique ou économique, dans tous les secteurs de programme et dans le respect du cadre juridique ». Une assertion qui ne fait que réaffirmer l’attachement de la direction au respect des règles de droit en vigueur et aux règles de la déontologie journalistique, mais qui pour l’occasion peut faire sourire.

Dans cette banale affaire fiscale mettant aux prises les vins Giroud et le département des impôts du Canton de Vaud, la chaîne ne s’est pas tout à fait contentée de respecter la légalité. Objet du scandale, la décision du juge valaisan Lionel Henriot d’accorder des mesures pré-provisionnelles pour suspendre la diffusion de deux reportages à charge contre l’encaveur Dominique Giroud, celui ayant requis ces mesures pour préserver son droit à la présomption d’innocence. Pour obtenir, quelques jours plus tard lors de l’audience, le droit de diffuser, la RTS a pesé de tout son poids et usé de tous ces réseaux.

Conflit d’intérêts et sensationnalisme, le cocktail interdit

Pourquoi le juge Lionel Henriot, qui avait pourtant été convaincu prima facie du risque de dommage irréparable pour l’encaveur valaisan, a-t-il renversé sa décision au bénéfice de la chaîne publique?

La question est légitime, surtout que l’encaveur Dominique Giroud faisait l’objet d’une véritable cabale médiatique de la part de plusieurs médias suisses.

Il apparait que Lionel Henriot ne correspond pas exactement à la figure allégorique de la justice, avec un bandeau en signe d’impartialité. Le fonctionnaire a même des liens assez étroits avec la sphère médiatique, et plus particulièrement avec la RTS ! En effet, Lionel Henriot est marié à la journaliste Sandrine Viglino qui travaille justement depuis de nombreuses années pour la RTS !

En outre, pour mieux inciter le Tribunal valaisan à faire le bon choix, on notera l’intervention de Gilles Marchand, directeur de la RTS, au 20h suisse pour dire combien l’interdiction de diffuser portait atteinte aux droits de la presse.

Enfin, pour rallier l’opinion a son point de vue, la RTS a alerté Reporter Sans Frontières qui s’est engouffré dans la brèche en accusant la justice « d’atteinte sérieuse à la liberté des médias et à l’information du public ».

En quête de sensationnalisme dans cette affaire, il semblerait que la RTS ait oublié de mettre dans la balance les droits fondamentaux du citoyen contre une presse qui s’acharne.

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