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Cinéma européen : les conseils d’Ernst & Young  

L’agence Ernst & Young (EY) a publié mardi 25 mars sa dernière étude intitulée « Les nouveaux marchés du cinéma français et européen Le numérique : nouveau levier pour la circulation intracommunautaire et l’export ? » Elle y dresse un état des lieux de l’économie de la production cinématographique européenne et y donne plusieurs pistes pour s’adapter au tout numérique qui s’impose en Europe comme aux États-Unis.

Cette étude a été commandée par l’organisme UniFrance, dont l’objectif est la promotion et l’exportation du cinéma français dans le monde. Publiée le 25 mars, elle a été présentée en avant-première, la veille, à Bruxelles, devant le président d’UniFrance films, Jean-Paul Salomé, et le réalisateur du dernier film français oscarisé, The Artist, Michel Hazanavicius.

Dans son intervention, Jean-Paul Salomé a regretté les problèmes de financement du cinéma liés à la disparition du DVD, qui participait largement à ce financement, contrairement aux actuelles vidéos à la demande, payantes à l’acte ou par abonnement (VOD et SVOD), qui ne participent que faiblement à l’économie de la production cinématographique. En effet, les recettes issues de ces plateformes de diffusion sont indexées sur l’audience de ces films. Or, les principales plateformes étant anglo-saxonnes, les films français y connaissent de faibles résultats. Une analyse confirmée par les chiffres publiés par l’institut allemand GfK qui a démontré que les films français achetés en VOD ou SVOD génèrent un revenu de 61 millions d’euros, alors que ce montant représente seulement un quart des revenus de la VOD en France.

S’il s’est montré plus optimiste quant à l’avènement du web et à la possibilité que ce vecteur de communication offre aux films d’être visionnés par de plus en plus de cinéphiles à travers le monde, Michel Hazanavicius a toutefois précisé que cette diffusion positive ne devait pas se faire au détriment de l’industrie cinématographie, sous peine d’assécher la création.

Cependant, l’étude EY se veut optimiste, car elle estime que  « le numérique peut être un nouveau levier pour la circulation intracommunautaire et l’export ». Pour cela, ses auteurs préconisent le lancement d’une plateforme française ou européenne qui mettrait en avant la production cinématographique européenne. Ils considèrent que cette plateforme pourrait représenter un chiffre d’affaire d’un milliard de dollar dans les cinq prochaines années, comme le résume la journaliste de La Tribune, Delphine Cuny : « En surfant sur l’essor des plateformes de vidéo par abonnement, les films français pourraient trouver d’autres débouchés. »

 

 

 

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