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Il serait temps de retrouver la face féminine de l’informatique

A la source de l’informatique, comme partout, on rencontre les pionniers, mais on devrait dire pionnières, car on oublie (encore une fois) que les femmes ont longtemps eu un rôle important en informatique. Le 11 octobre, on a fêté Ada Lovelace, la première programmeuse de l’histoire.
En général, ce nom ne dit rien à personne, mais c’est pourtant à cette comtesse anglaise, fille du poète Lord Byron, que l’on doit l’invention du premier programme informatique de l’histoire. Au milieu du 19e siècle, Ada Lovelace écrit le tout premier algorithme, destiné à être exécuté par une machine. Elle est la première à envisager les applications, donc l’avenir de l’informatique bien au-delà des mathématiques.
On pourrait citer d’autres femmes, qui ont marqué l’histoire de l’informatique, Grace hopper a inventé le terme « bug », qui restera dans le vocabulaire de l’informatique. Grace Hopper a travaillé pour IBM et créé le langage COBOL en 1959 qui est un des premiers langages de programmation.
Jean E. Sammet, développe le langage informatique FORMAC en travaillant chez IBM. Elle collabore avec Grace Hopper, et participe à la création du langage COBOL.
Karen Spärck Jones, est une pionnière dans le domaine de l’intelligence artificielle. Elle a travaillé sur l’occurrence des mots dans un texte pour en identifier automatiquement le contenu, procédé indispensable à l’origine des moteurs de recherche comme Google. Elle aime à dire que l’informatique est trop importante pour être laissée aux hommes.
Mary Allen Wilkes, est la première personne à posséder un ordinateur à son domicile pour son usage personnel, machine qu’elle construit d’ailleurs elle-même.
Il y aurait bien d’autres personnalités féminines dans le monde de l’informatique. « En France, dans les années 1970, et au début des années 1980, 30 % de femmes sont inscrites dans les filières d’ingénierie, et certaines filières sont même à 50 % », rapporte Isabelle Collet qui a écrit un livre intitulé « l’informatique a-t-elle un sexe ? ».  La filière informatique était particulièrement féminisée. Aujourd’hui, le pourcentage a chuté à 12-15 %, une chute libre, qui est générale partout en Occident.
Il y a deux raisons à cela, d’une part cela est lié à l’augmentation du prestige associé aux métiers de l’informatique.  Au début, l’informatique, ne représentait rien, et ne semblait pas important, peu de prestige, la concurrence est faible. Maintenant, celui qui sait les faire marcher, et les comprendre hérite subitement d’un pouvoir, beaucoup d’emplois sont créés d’un coup, les salaires montent. Les hommes flairent les futures bonnes places à prendre.
D’autre part, avec l’arrivée du micro-ordinateur au cours des années 1980. Des ados se mettent à bidouiller l’informatique, et on assiste à la figure des « geeks ». La représentation se transforme complètement, et suivant un tas de stéréotypes, l’informatique bascule dans le domaine masculin.
Actuellement, l’informaticienne Melinda Gates rappelle que 18 % de femmes décrochent un diplôme aux États-Unis, contre 37 % en 1987 au moment où elle-même décrochait son diplôme à l’université de Duke. Elle met en garde sur l’importance de compter des femmes parmi « les architectes de demain », et notamment parmi ceux qui seront aux manettes des intelligences artificielles « auxquelles nous confierons bientôt nos parents âgés »

Crédit photo :  featherygold

 

 

 

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