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Attention, il y a peut-être un troll qui sommeille en vous

Une étude menée par les universités de Stanford et Cornell nous en apprend un peu plus sur la personne qui se cache derrière un troll. Loin des clichés, elle n’est pas forcément celle que l’on croit et cacherait en fait plutôt monsieur ou madame « Tout le monde ».

L’étude révèle en effet que sur le net, une attitude incluant des propos violents et un comportement de harcèlement sont plus liés à des situations de crispation que le fait d’une personnalité dans l’absolu. Néanmoins, certains sujets sont particulièrement enclins à être des harceleurs réguliers.
On peut donc être un harceleur occasionnel en ligne, et être parfaitement gentil dans la vie quotidienne. Il semblerait qu’à l’instar de la conduite en voiture, certains changent radicalement d’attitude.
A l’origine de ce changement d’attitude, deux facteurs principaux qui peuvent réveiller le troll qui sommeille en chacun de nous. Tout d’abord, on a le ton des autres commentaires qui peut faire monter la mayonnaise, et ensuite votre humeur du jour, qui elle aussi est susceptible de faire naître des réactions spontanées plus violentes.
Les auteurs de l’étude expliquent donc, qu’au-delà du sujet de la discussion, c’est le ton et la manière dont elle se déroule, qui sont les facteurs déclencheurs. « C’est ce que l’on appelle la spirale de la négativité », fait remarquer Jure Leskovec, chercheur à l’université de Stanford. « Il suffit d’ailleurs qu’une personne s’énerve violemment pour que d’autres internautes suivent. Comme dans la vie, les commentaires haineux appellent les commentaires haineux ».
On peut rajouter, qu’en détaillant les conversations, l’étude révèle que les montées d’adrénaline sont plus fréquentes en fin de week-end et en début de semaine. C’est-à-dire, que les propos haineux sont plus fréquents le dimanche et le lundi, particulièrement lorsque les gens sont fatigués (de 22h et 3h du matin). Ces précisions semblent aller dans le sens d’un autre constat, celui que le harcèlement sur Twitter est particulièrement vif le dimanche entre 17 h et 20 h. Les gens sont disponibles pour surfer, mais pensent déjà avec anxiété à une nouvelle semaine de travail qui les attend.
Donc, un blocage des harceleurs réguliers ne suffirait pas. Il faut d’abord faire redescendre la tension et éviter les réponses trop spontanées, en posant peut-être quelques questions à l’internaute avant de le laisser commenter.
Ou alors, faire tourner sept fois la souris dans sa main avant de répondre.

Crédit photo : Voodoo Toy

 

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