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Le MP3 est désormais libre de droits dans l’indifférence générale

Cela sent la fin pour l’enfant terrible du piratage informatique, le MP3. L’Institut Fraunhofer, qui détenait les derniers brevets d’utilisation du format MP3, a annoncé qu’il ne les renouvellerait pas.
Autant ses débuts furent mouvementés avec la guerre des brevets, et les procès retentissants de l’Institut Fraunhofer pour faire valoir ses droits de brevet par lequel tous les développeurs d’encodeurs MP3 ou rippers ont dû payer une redevance de licence. Sa fin se fait sans tumultes et dans une grande indifférence. Il faut dire, que la firme allemande était le dernier organisme à posséder les droits d’une technique de compression devenue complètement dépassée. Le MP3 est désormais intégralement libre de droits, mais plus personne ne veut l’utiliser.
Triste fin pour ce sigle, qui restera à jamais associé à l’explosion de l’écoute, l’échange anarchique (qui a dit piratage ?) de musique en ligne via les réseaux peer-to-peer. Une époque presque oubliée, car tout semblait soudainement accessible gratuitement et pour tous. On ne parlait pas de Hadopi et de restrictions géographiques.
Néanmoins, il est vrai que le système apparaît nettement dépassé par les techniques actuelles, qui n’ont fait que mettre en évidence les insuffisances du format MP3 en matière de qualité de son. Tous les puristes de la musique enregistrée, vont être soulagés de ne plus être confronté à l’écoute des affreux effets secondaires sonores de ce système de compression qui défigure les pistes.
Cependant, le MP3 représente un parfait exemple de la vulgarisation et de la popularisation d’une chose et de ses conséquences parfois paradoxales. D’un côté, le format a permis comme aucun autre support avant lui, une accessibilité plus grande pour tous, à l’ensemble du contenu musical, ainsi qu’à une diffusion plus directe et libre.
De l’autre côté, il a défiguré le contenu initial, et donc ce qu’il devait transmettre en habituant le public à une qualité audio désastreuse.
De nombreux techniciens du son ont affirmé, que le mp3 ôterait « jusqu’à 90 % » de la chanson originale, aplatissant au passage tout le spectre sonore à un point tel, que certaines recherches ont même suggéré, que le format renforçait la perception émotionnelle négative de la musique au détriment des émotions positives.
Il était vraiment temps, que cela se termine ! De nouvelles technologies vont prendre le relais, et l’on va mettre l’appareil de côté, peut-être l’enterrer en espérant que personne ne le ressorte un jour.

Crédit photo : Mohamad Mahsyar Mohamed Said

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