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La loi Hadopi : du mieux mais elle reste toujours sur la sellette

Au fur et à mesure, que le temps passe, le bilan d’Hadopi apparaît de plus en plus médiocre. Les chiffres sont éloquents, car les 9,6 millions de mails (d’avertissement et de rappel), qui ont été envoyés n’ont débouché, que sur 138 condamnations. Un écart bien trop grand, pour faire croire que les autres ont tout simplement arrêtés les téléchargements après les avertissements.

Un petit rappel, il y a huit ans, la loi Hadopi contre le téléchargement illégal était adoptée. Une loi, qui a créé une autorité publique indépendante, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI), elle doit notamment de lutter contre le piratage. Après, il a fallu attendre plus de deux ans avant la première condamnation pour téléchargement illégal. La personne qui comparaissait s’était vu infliger une amende de 150 euros.

Nous sommes maintenant à 138 condamnations et près de 100 millions d’euros investis par l’État, et nombreux sont ceux qui pensent que les résultats ne sont pas à la hauteur. Cependant, sur les premiers mois de l’année 2017, il a été prononcé presque autant de condamnations que durant les années précédentes. On pourrait y voir une prise en compte par les autorités de certaines critiques et la volonté de durcir la répression. Il y aurait aussi l’optimisation des méthodes de travail des infrastructures Hadopi, qui ont adopté un nouveau système de traitement et d’information, visiblement plus efficace.

Parmi les reproches classiques, on trouve, la longueur de la procédure, un aspect essentiellement préventif d’Hadopi qui atteint rapidement ses limites, il faut plus de répression. On reproche aussi la faiblesse de la preuve électronique, car une adresse IP ne peut identifier avec certitude l’utilisateur, mais plutôt l’équipement.

Hadopi s’avère surtout inefficace face à des pratiques de « professionnels » qui utilisent par exemple des serveurs relais dans d’autres pays. Au bout du compte, ce sont les moins avertis, qui sont les plus touchés.

Régulièrement, la fin prochaine du dispositif, est annoncée pour des raisons essentiellement budgétaires, même si les équipes d’Hadopi sont loin d’avoir démérité vu le nombre impressionnant de mails envoyés.

Crédit photo : Computman

 

 

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