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Jeux vidéo : l’accès des handicapés reste trop virtuel

Assez naïvement, le jeu vidéo nous semble un bon dérivatif, et une sorte d’échappatoire facile pour les personnes handicapées. Il nous semble en effet évident, qu’il doit être agréable pour une personne handicapée de se promener dans un monde virtuel, où il est à capacité égale avec les autres. Cependant, l’accès à ses jeux pose souvent problème, car les concepteurs et l’industrie du jeu vidéo ne se soucient guère de la prise en compte des différences de capacité entre joueurs.

En fait, la norme veut que ce soit le joueur qui s’adapte à la machine. Rien n’est fait pour faciliter et personnaliser l’accès. David Cambarieu, aujourd’hui président de Handigamer, une société qui fournit du matériel adapté, explique « les consoles, c’est un marché de masse fait pour des humains avec des bras et des jambes, et dès que l’on sort de ce cadre-là, on a un problème ».

De plus, on connaît l’élitisme qui sévit dans des mondes assez fermés, où la compétition règne. Jérôme Dupire, enseignant-chercheur au CNAM et spécialiste de la question remarque, « aujourd’hui, dans les jeux, il faut des capacités maximales, une bonne vue, des bons réflexes, une excellente motricité. Tous ces curseurs positionnés au max placent des personnes à l’extérieur ».

Certaines associations viennent en aide pour permettre aux personnes handicapées de choisir des jeux en fonction des catégories d’handicaps. De son côté, Handigamer de David Cambarieu, conçoit des périphériques de contrôle utilisant des boutons ultrasensibles ou encore déporte les joysticks sur des bras articulés, pour les contrôler à la bouche. Cependant, tout ceci reste un peu marginal, et peu connu.

Il faut donc arriver à convaincre l’industrie, non pas à prendre tout en compte ce qui est impossible, mais simplement à faire quelques efforts, et parfois, il suffit de quelques paramétrages ou options en plus. Une loi américaine, passée en 2010 sous Barack Obama oblige les contenus numériques à se conformer à certains critères d’accessibilité. Cette loi concerne aussi les produits importés en France.

On a pu noter, la présence à la « Paris Games Week » d’octobre dernier, de plusieurs associations qui constatent une avancée dans la prise de conscience. « L’accessibilité des jeux vidéo est encore dans la zone d’ombre, mais les lignes bougent », salue Jérôme Dupire.

Crédit photo : Margxt

 

 

 

 

 

 

 

 

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