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L’humanité, plus équipée, plus connectée, plus de déchets

Tous les six mois, l’Université des Nations Unies fait un rapport sur les déchets électriques et électroniques. C’est un bon révélateur de notre équipement en la matière. D’ailleurs, de ce côté-là, tout va bien, l’humanité est toujours plus équipée et toujours plus connectée. En 2016, le monde comptait plus de téléphones mobiles que d’hommes, à savoir 7,7 milliards pour 7,4 milliards. Par contre du côté des déchets, la situation se dégrade, car le recyclage ne suit pas la progression des déchets.

On assiste donc à un amoncellement toujours plus grand d’appareils usagés. Dans cet amoncellement de 44,7 millions de tonnes produits en 2016, ce qui représente une hausse de 8 % par rapport à 2014, on compte plus de petits appareils électriques et de gros électro-ménager ainsi que des appareils de climatisation. Par contre, on trouve moins de télévisions et d’ordinateurs.

Ce sont les Australiens et les Néo-Zélandais, qui sont les plus gaspilleurs avec 17,3 kilos par habitant et seulement 6 % de recyclage. L’Europe (en incluant la Russie) arrive juste après avec 16,6 kilos par habitant, mais le meilleur taux de recyclage à 35 %. L’Amérique du Nord, est à 11,6 kilos par habitant avec un taux de recyclage de 17 %, il en est de même pour l’Asie, qui produit cependant trois fois moins de déchets électriques que l’Amérique.

Il ne faut pas s’inquiéter, une décharge à appareil électrique e peu de chances d’être ouverte près de chez vous, car si chaque pays doit normalement traiter ses déchets sur son territoire, la réalité est tout autre. En effet, si les déchets sont interdits d’exportation, il n’en est pas de même pour des appareils en état de marche, destinés à un marché de l’occasion. Toute la subtilité se retrouve dans la difficulté de faire la différence. Ainsi, 93 % des déchets des États-Unis partent en Chine, et 7 % chez les voisins canadiens et mexicains, un trafic révélé par l’utilisation de mouchards électroniques.

L’Europe pour sa part, utilise plus l’Afrique pour refourguer ses « occasions ». Un chercheur a ainsi inspecté les mouvements d’importations sur le port de Lagos au Nigeria. De 50 à 70 % des appareils électriques entrent en effet au Nigeria dans des conteneurs transportant des voitures d’occasion. 80 % des appareils inspectés à Lagos étaient en état de marche, mais 40 % n’étaient pas bien emballés, et 19 % étaient totalement inaptes au service.

Le rapport, note que 67 % des pays couvrant 66 % de la population mondiale, ont pourtant adopté une législation sur le sujet. Il ne reste plus qu’à faire ce que l’on dit, le plus difficile en quelque sorte.

Crédit photo : BRS MEAS

 

 

 

 

 

 

 

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