Finance-Economie

Vivendi/Activision : de la spécificité du jeu vidéo

En cédant la semaine dernière la majorité de ses parts d’Activision Blizzard, le groupe français Vivendi affine sa stratégie vers un recentrage sur les médias et les contenus. Un périmètre dans lequel n’entrait plus le secteur si particulier du jeu vidéo.

Activision Blizzard est une enseigne mythique dans l’univers du jeu vidéo et ses franchises, à l’image de Call of Duty ou World of Warcraft sont des légendes pour les gamers du monde entier.

Le jeu vidéo : un modèle économique à part

Pourtant, à y regarder de plus près, les convergences n’étaient pas évidentes à trouver entre le monde du jeu vidéo et la stratégie média de Vivendi, dont l’activité est essentiellement centrée autour de la musique avec Universal Music et de la télévision/cinéma avec Canal+.

Seul point commun, ces deux derniers secteurs connaissent comme le jeu vidéo une véritable révolution numérique qui a provoqué au cours de la décennie écoulée une chute des ventes et a forcé les industriels à repenser leurs modèles économiques.

Quel avenir pour la console de jeu ?

Mais à la différence du jeu vidéo, l’avenir de la musique et du cinéma passe avant tout par des plateformes (souvent communes) de téléchargement ou de streaming, et se sont affranchis du support unique quand le jeu vidéo (notamment pour les franchises “hard gamers” que propose Activision) reste largement dépendant de l’avenir du marché des consoles de jeu.

Mais la spécificité du jeu vidéo par rapport aux autres activités de Vivendi ne s’arrête pas au support. L’activité du géant du jeu vidéo est aussi essentiellement orientée sur les quelques franchises à très gros budgets qui ont fait son succès.

En revanche, Universal Music ou Canal+ misent sur un plus grand nombre de sorties à moindre coût. Deux modèles économiques opposés et difficilement compatibles qui offrent un éclairage intéressant sur la cession de la semaine dernière.

La cession de la majorité des parts dans Activision Blizzard, assortie de la vente annoncée de Maroc Telecom, doit en tout cas permettre au groupe Vivendi de se désendetter massivement (la valeur combinée des deux opérations est estimée à 10 milliards d’euros) et de préparer de nouvelles acquisitions dans le domaine des contenus.

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