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Robert Eringer Vs The Onion : désinformation et internet

A l’ère d’internet, où les citoyens vont désormais chercher eux-mêmes l’information en ligne, le danger de la désinformation est immense. Qu’il s’agisse de contenus volontairement diffusés pour  proposer une « vérité » alternative, ou simplement de contenus à vocation de distraction mal interprétés, la recherche d’information sur la toile peu parfois prendre des allures de parcours du combattant.

Pour illustrer ce problème, il semble pertinent d’analyser deux exemples de sites biens distincts, tous deux américains : le site parodique The Onion et le blog californien de Robert Eringer, Eringer Report.

Les deux exemples choisis sont volontairement très différents l’un de l’autre. Le premier se présente lui-même comme un site parodique et humoristique, tandis que le second tend à faire passer ses fausses informations pour de vrais scoops. Cette comparaison permet de démontrer que, quelques soient les intentions des auteurs et des rédactions, la circulation de l’information sur le web se fait de manière si chaotique et incontrôlable, que le résultat est le même : la diffusion d’informations erronées, que les lecteurs prennent pour argent comptant.

Le site parodique d’information TheOnion.com est issu du titre de presse homonyme, créé en 1988 dans l’Université du Wisconsin, par deux étudiants, Tim Heck et Christopher Johnson.

Fort du succès de leur magazine parodique, les deux compères ont fini par lancer un site internet reprenant la recette de leur journal qui présente, sous la forme de véritables articles journalistiques, en reprenant les codes du genre, de fausses informations humoristiques et improbables.

Mais le web n’est pas le même média qu’un journal dont les lecteurs ont conscience de l’aspect comique de leur lecture : sur internet, les articles sont rapidement copiés-collés dans différents blogs et relayés sur les réseaux sociaux, où les internautes finissent par lire de l’information sans connaître sa provenance, reprenant ainsi les articles de The Onion au premier degré. Il en fut ainsi de la rumeur selon laquelle Barack Obama avait des liens avec des terroristes musulmans, qui a fait scandale aux Etats-Unis.

A côté de cette désinformation que l’on peut qualifier d’involontaire, on en constate une plus inquiétante, qui nourrit les théories conspirationnistes et contribue à nourrir une méfiance, voir une paranoïa, de la population envers la presse et les institutions.

Ainsi, le blog de Robert Eringer parvient à générer un important trafic en publiant des informations sans sources ni crédibilité journalistique, mais qui sont présentées comme de véritables scoops.

D’ailleurs, le personnage au passé trouble, ancien pigiste dans la presse à scandales britannique, se fait régulièrement attaquer en justice par les personnalités qu’il diffame. Et s’il a déjà été condamné à de nombreuses reprises, il semble s’en accommoder continuant sans scrupules à remplir son blog avec des « informations » sorties tout droit de son imagination.

Après avoir travaillé pendant quelques temps pour la Principauté de Monaco et s’être fait licencier pour ses écarts de conduite, Robert Eringer a pris les notables monégasques pour cibles préférées sur son blog. Au total, la justice française, au pénal comme au civil, a déjà condamné Robert Eringer près de trente fois pour atteinte à la vie privée et à l’image, diffamation et injure publiques envers Albert de Monaco et ses proches.

Attention, donc, à la désinformation. On l’aura compris, des informations déviées ou purement fictives sont toujours disponibles en ligne. Face aux comportements de certains blogueurs, qui publient n’importe quoi, ou de certains journalistes, qui ne prennent pas la peine de vérifier leurs sources, l’internaute lambda n’aura qu’une seule chose à faire s’il ne veut pas avaler tout et n’importe quoi : faire comme tout bon journaliste, recouper ses sources.

En effet, en vérifiant les rumeurs sur différents sites, l’internaute pourra s’assurer qu’une information est bien réelle, ou, au contraire, réaliser qu’il s’agit d’un “fake”, d’un pastiche, ou d’un corbeau mythomane malintentionné.

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