Finance-Economie

Le numérique au cœur du développement économique de la Francophonie

Abordée lors du premier forum économique de la Francophonie organisé les 1 et 2 décembre dernier par la société Richard Attias & Associés, en marge du XVème sommet des chefs d’Etat de la Francophonie, la coopération économique des pays francophones s’impose désormais comme le nouvel enjeu de développement et d’émergence d’une zone économique forte sur la scène internationale. Une nouvelle zone de coopération destinée à favoriser le développement des pays francophones sur la base de secteurs économiquement porteurs et à forte dimension linguistique. Une perspective dans laquelle les nouveaux médias, Internet et l’économie numérique de manière générale auront un rôle à jouer prépondérant dans les années à venir.

Le poids économique des pays francophones dans le monde n’est aujourd’hui plus à démontrer. Avec 16% du produit intérieur brut (PIB) mondial, 14% des réserves mondiales de ressources naturelles et 20% du commerce mondial, les 57 états membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), et leurs 220 millions de locuteurs, ont généré un PIB de 7200 milliards de dollars en 2012 et connu sur les cinq dernière année, une croissance moyenne de 3,2% malgré la crise de 2008.

Un potentiel économique significatif qui semble pourtant peu relayé sur les marchés de l’économie numérique. En effet, le français, 6e langue la plus parlée dans le monde, ne représente actuellement que 5% des contenus sur Internet et il apparait donc primordial pour la langue française de s’inscrire davantage dans une réalité contemporaine marquée par le développement de la technologie numérique.

Si le Rapport 2014 sur l’état de la Francophonie numérique, démontre tout l’intérêt des pays membres de l’OIF pour Internet et le numérique, il dénote surtout d’un manque criant d’infrastructures et d’équipements. Selon ce rapport, seulement 52 % des pays francophones disposeraient aujourd’hui d’infrastructures permettant une offre de services Internet perfectionnés, tandis que le niveau de pénétration des TIC dans l’économie se limiterait à 4,4 pour certains pays (sur une échelle d’appréciation de 1 à 7). Des taux d’équipement et d’intégration qui semblent encore insuffisants au regard des perspectives d’évolution qu’offriront l’économie numérique et les nouvelles technologies au 21ème siècle.

La francophonie, forte de son marché interne de plus de 220 millions d’individus et de sa longue tradition artistique et créatrice, se doit donc elle aussi d’exploiter la technologie numérique comme un moyen de diffusion linguistique et culturelle et de développement économique.

Comme le précise Richard Attias sur le Huffington Post, on ne peut plus se résoudre à laisser aux géants anglophones le monopole de l’économie culturelle numérique. De nombreux secteurs d’expansion sont aujourd’hui clairement identifiés (comme le marché de la VoD par exemple), sur lesquels, la langue française fait cruellement défaut et qui offrent des perspectives de développement considérables. “Ne peut-on pas par exemple imaginer la création d’une plateforme francophone à l’image de ce que propose Netflix pour la distribution et la production de films et de séries?”, ajoute à cet égard Richard Attias.

Une position qui rejoint les conclusions du rapport 2014 de l’OIF pour qui il est nécessaire désormais, au sein des pays francophones, de développer et maintenir les infrastructures donnant accès au numérique, d’accompagner l’innovation pour intégrer les pays en développement dans l’économie numérique, de créer des sociétés de l’information ouvertes, transparentes et démocratiques dans la francophonie, et de développer l’intelligence numérique au service de la diversité et du partage.

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