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Les start-up du numérique ou le renouveau économique africain

En pleine expansion ces dernières années liée une croissance annuelle dépassant les 5%, le continent africain vit aujourd’hui une période pleine d’espoir d’un renouveau économique à la hauteur des enjeux. Accusant toujours de nombreux retards en termes de pauvreté, d’accès à la formation, à l’emploi ou à la santé, l’Afrique du 21ème siècle sort peu à peu du coma pour laisser place à une Afrique renouvelée, dynamique et ambitieuse. Le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) contribue grandement à cette éclosion via l’émergence d’une économie numérique portée par une poussée fulgurante des start-up africaines. Des jeunes entreprises innovantes et créatrices qui s’imposent comme les moteurs de la croissance de demain et qu’il convient aujourd’hui d’encourager via un renforcement des politiques publiques de soutien et de financement beaucoup trop timorées jusqu’à présent.

La jeunesse africaine cherche, innove et entreprend à un rythme croissant ces dernières années. Encouragée par une forte croissance économique et des perspectives de développement plus fortes encore, la nouvelle génération élevée à l’ère du numérique et totalement décomplexée, affiche ses ambitions et sa créativité. Un constat d’autant plus flagrant dans le secteur de l’économie numérique dans lequel les start-up se multiplient aux quatre coins du continent et développent des projets innovants 100% africain.

Mais si l’écosystème numérique africain bénéficie déjà d’un capital humain bien formé et d’un marché à fort potentiel (principalement pour le web et la téléphonie mobile), la culture entrepreneuriale reste à parfaire et les opportunités de financements font largement défaut. Le problème majeur rencontré par les apprentis entrepreneurs se retrouve majoritairement dans l’accès au capital d’amorçage, ces tout premiers financements qui permettent de lancer l’activité. L’écueil financier reste en effet tenace et les entrepreneurs (jeunes cadres ou étudiants) livrés à eux-mêmes ont bien souvent recours à l’autofinancement.

Pour Alassane Dème, lauréat du prix de la Meilleure start-up en 2014 au Sénégal avec son agence de communication digitale, Nelamservices, “les start-up évoluent dans un terrain très incertain (…) mais d’un autre côté, la culture entrepreneuriale fait aussi largement défaut dans nos pays”.

Si beaucoup ont donc recours à l’autofinancement ou au crowdfunding (financement participatif), les citoyens eux-mêmes ne ne peuvent constituer une solution à long terme et il apparaît aujourd’hui primordial d’inciter les autorités publiques et les acteurs du secteur privé à agir pour porter au plus haut cet élan entrepreneurial avant qu’il ne s’essouffle. Améliorer l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle, favoriser la disponibilité de sources de financement dédiées à la création d’entreprises en Afrique et maximiser l’utilisation des nouvelles technologies, leviers potentiels de formation et de soutien aux entrepreneurs, sont désormais des conditions inhérentes au développement économique du continent africain et de ses start-up.

Le premier smartphone africain de Vérone Mankou, la première tablette éducative ivoirienne de Thierry N’Doufou ou le succès de la marque Inaden de Natty Ngoy dont les accessoires en cuir sont fabriqués en Ethiopie sont autant d’exemple de créativité et de prospérité africaine. Des exemples de “success stories” encore trop rares mais qui pourraient bien se multiplier dans les années à venir au regard des nouvelles structures d’accompagnement émergentes.

En effet, l’essor rapide des start-up s’accompagne depuis peu d’un développement croissant des structures d’accueil appelées aussi incubateurs, et destinées à accompagner ces jeunes pousses d’un point de vue logistique et financier. On peut citer ici le Centre Incubateur des TIC de Dakar au Sénégal qui bénéficie de fonds public/privé et a déjà permis à plus de 30 entreprises de se développer depuis 2011.

Les multinationales de la téléphonie mobile comme Orange, MTN, s’ajoutent aussi à cet écosystème à travers des concours dédiés aux développeurs. Même si les prix restent financièrement peu conséquents, comme le déplorent certains acteurs, ils permettent tout de même aux entrepreneurs d’amorcer leurs projets et surtout de faire connaitre leurs créations, à travers une vaste audience qui parfois peut dépasser le cadre national.

Enfin, plusieurs initiatives institutionnelles encouragent également l’entrepreneuriat en Afrique via la mise en avant des start-up les plus prometteuses et l’attribution d’un soutien financier significatif. On peut citer entre autres le Prix SEED 2015 organisé sous l’égide des Nations Unis pour l’Environnement qui récompense chaque année les jeunes entreprises africaines intégrant des avantages sociaux et environnementaux au sein de leur modèle commercial. Mais également, le prix de la Jeune Entreprise Africaine, nouveau venu cette année et qui récompensera les initiatives les plus créatrices dans le cadre de la 4ème édition du New York Forum Africa (NYFA) à Libreville au mois d’août prochain. Cette plateforme économique organisée cette année autour du thème “investir dans l’énergie du continent” proposera également une “Market place” offrant aux acteurs du monde économique un espace d’échange propice aux partenariats, et un Village de l’Innovation, présentant une sélection de start-up africaines.

Crédits photo : RA&A

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