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La France se lance dans l’éolien flottant

Malgré les objectifs ambitieux du projet de transition énergétique en matière d’énergie éolienne et le développement régulier des capacités de production terrestres, le parc éolien marin français reste toujours au point mort, suscitant l’inquiétude des industriels du secteur. Un statu quo qui devrait finalement évoluer suite à l’annonce du gouvernement le vendredi 17 juillet dernier des premières zones d’exploitation identifiées pour l’éolien flottant au large des côtes bretonnes et méditerranéennes.

Accusant un certain retard en matière de puissance éolienne marine par rapport à ses voisins européens, la France entend passer à la vitesse supérieure dès cette année. Le ministère de l’Ecologie a en effet annoncé l’identification de quatre zones d’exploitation dédiées à la filière éolienne flottante ainsi qu’un appel d’offres prévu d’ici la fin du mois de juillet. “Ces quatre zones sont les plus favorables au regard des enjeux techniques et d’acceptabilité. Elles sont situées au large de l’île de Groix, des étangs de Leucate, de la commune de Gruissan (Languedoc-Roussillon) et du phare de Faraman (région PACA)”, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Un pas en avant significatif pour les acteurs de la filière déjà nombreux sur ce créneaux et qui n’attendaient jusqu’ici que le feu vert du gouvernement. Plusieurs groupes français sont en effet dans la course et devraient répondre à l’appel d’offres promis par le ministère. On pense notamment ici au groupe DCNS qui envisage l’installation de huit machines de 6 MW chacune au large de l’île de Groix ou au groupe EDF EN, déjà associé à la jeune société lilloise Nénuphar, fabricant de turbines éoliennes nouvelle génération.

L’électricien français doit en effet mettre en service dès 2018 une première ferme éolienne au large de Port Saint-Louis du Rhône équipée du modèle du turbine Vertiwind conçu par la jeune société lilloise. Exploitée par EDF Énergies Nouvelles, elle sera composée de 13 turbines Vertiwind de 2,6 MW chacune pour une puissance cumulée d’environ 30 MW, équivalente à l’approvisionnement électrique d’une ville de 50.000 habitants.

Les quatre nouvelles fermes envisagées depuis vendredi seront quant à elles situées entre 10 et 20 km des côtes et compteront chacune entre 3 et 10 éoliennes pour une production de 20 à 50 MW par ferme. Basées sur la technologie de turbines flottantes, ces zones offrent un gisement de vent plus important et plus constant que les zones côtières. Les éoliennes flottantes permettent également une intégration environnementale simplifiée des projets et une réduction des coûts de maintenance (les machines, mobiles, peuvent être remorquées, contrairement aux éoliennes offshore classiques). Ces fermes seront financées par le programme d’investissements d’avenir (PIA) et par le rachat de l’électricité produite.

Pour rappel, le parc éolien terrestre français représente aujourd’hui 9,7 MW contre 0 MW pour le parc éolien marin malgré plusieurs projets en cours de réalisation. Le chemin semble donc encore long pour atteindre des 40% d’électricité renouvelable à l’horizon 2030 comme le prévoit le texte de loi de transition énergétique.

Crédits photo : Kim Hansen

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