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Quelle messagerie instantanée est la plus sûre pour Amnesty International ?

Quand on évoque Amnesty International, on pense immédiatement à des pays, des États, et même à des gouvernements. Cette fois, l’ONG de défense des droits de l’homme a cherché à savoir quelles sont les messageries qui protègent le plus les communications entre les utilisateurs.

L’ONG a donc publié un rapport intitulé “For your eyes only” contenant un classement des onze opérateurs de messagerie instantanée. Il s’agit de les confronter suivant plusieurs paramètres comme le chiffrement des communications, est-il activé par défaut ? Les utilisateurs sont-ils bien informés du fonctionnement du chiffrement ? Les gouvernements ont-ils accès aux données échangées ?

A ce jeu-là, c’est finalement Facebook, qui s’en sort le mieux avec l’application WhatsApp, qu’il a rachetée en février 2014. Arrive ensuite Apple avec iMessage, qui obtient le même score que Telegram (67/100).

Dans le bas du classement, on retrouve Kakao Talk, Telegram, Blacckberry Messenger, et Snapchat. En sachant, que BlackBerry, Google et Tencent (opérateur chinois qui possède QQ et WeChat) n’ont ainsi jamais répondu aux courriers de l’ONG.

Le but de ce rapport est double, d’une part “nous voulons dire aux entreprises évaluées que nous surveillons ce qu’elles font”, explique Dominique Curis, chargée de plaidoyer Libertés chez Amnesty International. L’ONG garde un œil sur les relations confuses entre, ces entreprises et les États. Officiellement, les entreprises refusent ces demandes, sauf Google, Facebook et Apple, dans le cas où l’utilisateur est visé par une enquête de justice.

D’autre part, il faut aussi sensibiliser l’opinion publique, et les utilisateurs, que leurs interactions sur les réseaux sociaux ont aussi une valeur économique. Les fournisseurs de messagerie captent des informations dans les conversations, et s’en servent ensuite pour cibler les publicités en fonction de discussions de l’internaute.

Pour Amnesty International, “il faut sensibiliser les utilisateurs à la façon dont ils échangent sur les réseaux sociaux, et les messageries instantanées“, tout en évitant une paranoïa mal placée. “Il ne sert à rien de protéger des contenus qui ne sont pas sensibles, concède Benjamin Leroux consultant en sécurité informatique, “mais il ne sert non plus à rien de vouloir à tout prix sécuriser ses discussions via messageries instantanées si l’on affiche toute sa vie sur son profil Facebook“.

Pas la peine en effet de croire que le monde entier s’intéresse à vous, mais à votre porte-monnaie peut-être…

Crédit photo : Amnesty Finland

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