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L’Investigatory Powers Act : la surveillance des masses version anglaise

Nos amis anglais deviendraient-ils légèrement craintifs, voire paranoïaques ? Après avoir cédé aux sirènes du repli sur soi avec le Brexit, le pays a définitivement adopté une loi qui octroie des pouvoirs de surveillance sur internet sans précédent à une longue liste d’administrations britanniques.
L’Investigatory Powers Act, vient d’être définitivement adoptée par la reine. Il entrera en vigueur en 2017. Cette loi donne l’accès à l’historique de navigation de tous les internautes, le droit de pirater des appareils pour la police, et les services de renseignements, espionnage extérieur à grande échelle, et la limitation du chiffrement.
Inutile de vous dire, que les réactions ne se sont pas fait attendre et l’ombre de la société totalitaire de 1984 de George Orwell plane. Pour le célèbre lanceur d’alerte Edward Snowden, “le Royaume-Uni a légalisé la surveillance la plus extrême de l’histoire des démocraties occidentales”. L’association de défense des droits civiques Liberty de son côté affirme, “sous le prétexte de lutter contre le terrorisme, l’État a mis au point des pouvoirs de surveillance, digne d’un régime totalitaire”. Pour sa part, le parlementaire libéral-démocrate Paul Strasburger s’est interrogé sur un tel procédé dans les mains d’un “Donald Trump britannique”.
Concrètement, la loi va permettre la conservation et consultation de l’historique des internautes sans avoir à exiger de mandat d’un juge. L’Investigatory Powers Act, rend aussi possible l’interception et la collecte de masse de données au Royaume-Uni, y compris d’individus n’étant suspecté d’aucun crime. Enfin, cette mesure va permettre aux services de renseignements, et à la police de pirater ordinateurs, téléphones portables, réseaux pour espionner des appareils et s’approprier leurs données, mais cette fois, il faudra le mandat d’un juge.
A tout cela, il faut rajouter ce que l’on appelle l’encadrement du chiffrement. Cela consiste à obliger les industriels et géants du Web comme WhatsApp ou Telegram à déchiffrer les communications de certains de leurs utilisateurs sur demande des forces de l’ordre. Cette même loi, pourrait aussi imposer aux développeurs, l’autorisation des autorités préalable à la création d’une technologie de chiffrement, puis de se soumettre à leur autorisation finale.
“God save the liberty” est-on tenté de penser

Crédit photo :  nolifebeforecoffee

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