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La pollution électronique de plus en plus préoccupante en France

Si on vous dit pollution, les premières images qui viennent à l’esprit, ce sont des industries et de la fumée, du plastique, des déchets par terre ou une nappe de pétrole. On pense rarement à ces objets devenus indispensables, que sont nos téléphones, et pourtant 100 millions de téléphones usagés qui se trouveraient dans la nature sur le territoire français.
Le souci, c’est que ça touche une corde sensible, les nouvelles générations sont comme les autres, plus promptes à intervenir quand cela ne touche pas trop leurs préoccupations premières.
Seulement 15 % des portables usagés sont récupérés, c’est pour cela que l’association « Les Amis de la terre », a publié une enquête sur la filière de collecte, et de recyclage des déchets électriques et électroniques, 10 ans après son lancement.
Ces déchets, sont pourtant lourds d’empreinte écologique. Ils recèlent des teneurs en aluminium, cuivre et plomb, présence de polluants comme l’arsenic, le mercure, le lithium. Suivant les conventions internationales, ils devraient être recyclés.
A la place de cela, on fait ce que l’on appelle “des dons d’équipements usagés” vers les pays en développement. En réalité, ceux-ci sont en fait envoyés illégalement, vers des décharges d’Afrique ou d’Asie. Parfois, ces déchets sont même traités par des enfants, comme l’a démontré une enquête de la revue Bastamag en 2014.
Le smartphone, représente à lui tout seul, la quintessence de ce phénomène, et des difficultés de la filière du recyclage. Seuls 15 % des 15 et 20 millions de smartphones vendus depuis 2013 en France ont atteint les chaînes de recyclage. Camille Lecomte, la chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables aux Amis de la Terre explique, “pire, la complexification de ces appareils contraint la réutilisation de matières secondaires issues du recyclage : seuls 9 des 40 métaux présents dans les smartphones proviennent à plus de 50 % du recyclage. Les 31 autres sont principalement issus de l’extraction minière”.
On sait tous, que les métaux utilisés proviennent en majeure partie de régions du monde fragilisées par ces extractions qui génèrent des conflits armés, le travail des enfants, pollutions, la maladie et différentes répressions des populations.
Il est temps de se faire un peu plus violence, les bonnes décisions ne sont pas seulement, celles qui ne nous dérangent pas trop, il est urgent d’avoir “une politique nationale de recyclage ambitieuse pour stopper le renouveau extractif et lutter contre l’exportation illégale des déchets”. D’ailleurs, « Les Amis de la Terre », propose une série de recommandations pour y parvenir.
En attendant, une sage attitude individuelle recommande que dans ce domaine comme dans les autres, il faut garder la tête froide face aux propositions et au renouvellement trop hâtif de son matériel informatique.
Pour se débarrasser d’un vieux téléphone portable, il faut se rappeler que les opérateurs de téléphonie mobile sont supposés disposer de bornes de recyclage en magasin. Enfin, il ne faut pas oublier que les appareils multimédias en général (tels que les téléviseurs, ordinateurs, cartouches d’imprimantes vides, etc…) peuvent être collectés par l’association « les ateliers du bocage », géré par Emmaüs. À défaut, par certaines chaînes de magasins spécialisés.
Crédit photo : ateliersdu bocage

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