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La Macédoine, l’autre pays du “Fake news”

A priori le rapport entre les habitants de la ville de Veles en Macédoine et le Président des Etats-Unis, Donald Trump, semble loin d’être évident. Pourtant, de nombreux habitants de cette ville ont largement produit des “fakes news” en faveur du président américain. Non pas, par réelle conviction ou partage d’idées, mais tout simplement pour de l’argent.

Les salaires en Macédoine, ne sont pas vraiment très hauts et lorsque l’on peut se faire presque autant en contribuant au flot de “fakes news” sortis de la ville macédonienne de Veles pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, de nombreuses personnes n’ont pas hésité.

Comme dans le reste du pays, dans cette ville de 50 000 habitants du centre de la Macédoine, qui fut un important centre industriel de l’ex-Yougoslavie avant de décliner, les perspectives sont maigres dans un pays où le chômage touche 55 % des jeunes. Au milieu de tout cela, des serveurs ont sorti en 2016 des centaines de sites internet et pages Facebook destinés à vanter Donald Trump. Au passage, il ne fallait pas non plus hésiter à salir ses adversaires démocrates Hillary Clinton et Bernie Sanders, ou à attaquer le bilan de l’ancien président américain Barack Obama.

A la base, il existait des dizaines d’investisseurs locaux, qui se sont d’abord engagés dans une course au clic rémunérateur. Ils se concentraient jusqu’alors sur les sites classiques de célébrités, de voitures ou de conseils de beauté.

Puis, la campagne d’un nouveau style mené par les sbires de Donald Trump, a tout changé. Borce Pejcev, un créateur de sites internet explique, “il est très vite apparu que les conservateurs étaient meilleurs pour se faire de l’argent. Ils aiment les théories du complot, celles sur lesquelles on clique toujours avant de partager“.

Jovan, un étudiant raconte son travail, qui consistait à la reprise d’articles publiés sur des sites conservateurs, comme Fox News ou Breitbart, mais aussi de médias classiques, puis à “les adapter, les changer un peu, mettre un titre racoleur”. 

Cette manne d’argent ne laisse personne indifférent dans la ville de Veles, et même des professeurs écrivent à la demande “que les vaccins tuent”, ou que “l’holocauste n’a pas existé”. Ce n’est pas très reluisant, mais comme une mère de famille dit “quand vous avez faim, vous n’avez pas le luxe de penser au progrès démocratique”.

Si la période est moins prolifique, Teodor travaille toujours pour une compagnie, qui gère des centaines de sites de mode, de santé, de beauté, de voitures. Il explique toucher entre 100 et 150 euros, soit quasiment autant que sa mère, ouvrière à temps partiel dans une entreprise textile.

On laisse le mot de la fin à Joyan qui explique, “on écrivait ce que les gens lisaient“.

Crédit photo : Pero Kvrzica

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