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Quand le compte Facebook des défunts vient hanter les vivants

Pour supprimer un compte Facebook, il faut d’abord s’y connecter et pour cela, il faut le mot de passe. De fait, une personne qui décède ne pense généralement pas à fermer définitivement son compte, cela ne fait pas partie de ses préoccupations premières. C’est pour cela, que de nombreux profils sont donc laissés à l’abandon, mais ils sont toujours actifs.

Lorsqu’une personne décède, elle continue d’exister sur Facebook. Parfois, cela peut servir durant un moment à se souvenir et à maintenir la présence de la personne disparue. Cependant, au fur et à mesure, telle une tombe que personne ne visite, il verse dans l’oubli et la désuétude. De plus, il est évident que de nombreuses personnes ne vont pas bien percevoir le fait que le défunt continu “de vivre” sur les réseaux sociaux. Il n’est pas forcément agréable de recevoir des notifications, durant quelque temps sur Facebook en provenance du profil d’un être cher, qui n’est plus de ce monde.

Du coup, personne ne pouvant les désactiver, les comptes de personnes disparues restent et s’accumulent. Selon des chercheurs de l’Oxford Institute Internet (OII) de l’université d’Oxford (Angleterre), le nombre de personnes décédées sur Facebook pourrait surpasser le nombre de personnes vivantes d’ici environ 50 ans. Cette constatation, a été publiée en ligne par Big Data & Society.

Pour cela, les chercheurs se sont basés sur les données des Nations Unies relatives au taux de mortalité de la population mondiale, répartie par pays et par tranche d’âge. Cependant, si on inclut la croissance actuelle de Facebook de 13 % par an à l’échelle mondiale, le nombre d’utilisateurs décédés pourrait atteindre 4,9 milliards avant la fin du siècle.

Ces chiffres impressionnants peuvent apparaître anecdotiques. Cependant, ils en disent long sur la manière de gérer les données, et surtout au mieux dans l’intérêt des familles et des amis des défunts.

David Watson, doctorant à l’OII et un des auteurs de l’étude explique, “il est important que nous veillions à ce que l’accès à ces données historiques ne soit pas limité à une seule entreprise à but lucratif. Il est également important de veiller à ce que les générations futures puissent utiliser notre patrimoine numérique pour comprendre leur propre histoire”.

Crédit photo : Sarah Marshall

 

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