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Hong Kong : YouTube en guerre contre la propagande chinoise

YouTube, a visiblement décidé de faire un peu le ménage. Il ne veut pas passer pour le relais de la propagande chinoise. Du coup, il a supprimé 210 chaînes. Shane Huntley, analyste chargé de la sécurité au sein du groupe Google explique qu’il fallait réagir contre ses pratiques. En effet, celles-ci agissent “de manière coordonnée en mettant en ligne des vidéos liées aux manifestations en cours à Hong Kong”.

De fait, YouTube rejoint Twitter et Facebook, dans leurs accusations envers les autorités chinoises. Les 3 groupes accusent la Chine de mener une vaste campagne de propagande à travers leurs réseaux. Le but est de discréditer la mobilisation en faveur de réformes démocratiques.

La Chine veut lutter contre le “terrorisme” à Hong Kong

Pour réaliser ses opérations, Pékin utilise tout un arsenal numérique sur les réseaux sociaux. Cela comprend, le recours à des robots, des trolls et la mise en place de faux comptes individuels. Tout ceci transite par le canal de VPN et d’autres méthodes pour masquer l’origine de ses comptes. Dans ses faux comptes, les mouvements en cours à Hong Kong sont présentés comme essentiellement le résultat et la volonté d’une influence étrangère déstabilisatrice.

Par contre, les autorités chinoises n’hésitent pas à employer le mot de “terrorisme”, pour parler des manifestations. Ces accusations fleurissent sur les réseaux sociaux chinois, étroitement contrôlés par les autorités. Le mot-clé mis en avant, est “bas les masques”. Cette expression aurait été lancée par le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir. Il est pris en référence pour expliquer de manière simpliste, que si les manifestants hongkongais se couvrent le visage, c’est parce qu’ils dissimulent des activités criminelles et terroristes.

Les autorités chinoises ne sont au courant de rien

Comme pour Twitter et Facebook, qui ont suspendu un millier de comptes actifs liés à cette campagne de désinformation, le ministère chinois des Affaires étrangères jure ne rien savoir. Un porte-parole indique clairement “ne pas être au courant de la situation”.

Cependant, il est difficile de mesurer l’impact réel de cette propagande chinoise à Hong Kong. Dans cette région semi-autonome du sud de la Chine, la population a accès à Twitter et Facebook. Par contre, dans la Chine continentale ses réseaux sont officiellement interdits et bloqués par la censure.

Enfin, la réaction des grands groupes des réseaux sociaux, vise surtout à donner des gages rassurant aux grandes démocraties. L’occasion est belle, de montrer sa volonté de ne pas se laisser manipuler et de prendre leurs responsabilités. Il s’agit de ne pas fermer les yeux, sur l’utilisation de leurs services par des groupes de pression étatiques ou autres.

Pourvu que cette belle et noble attitude se retrouve dans de nombreux autres cas.

Crédit photo : Jean min

 

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