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L’ordinateur quantique, la terreur des cryptographes

Si l’on parle de “bête” ou de “monstre”, pour chacun d’entre nous, nous avons des images de créatures horribles, ou à la limite un sportif au développement et au tempérament hors-normes. Pour un mathématicien, cela prend la forme d’un ordinateur quantique. Il faut dire, qu’il est capable de faire en 3 minutes un calcul qui prend 10 000 ans à un super-calculateur classique.

Pour cela, un ordinateur quantique effectue ses calculs en intégrant les lois de la physique quantique. Concrètement, alors qu’un ordinateur classique utilise des bits d’information, qui sont, soit des 0 soit des 1, un ordinateur quantique utilise des qubits. Ceux-ci, sont en quelque sorte une superposition simultanée de deux états. Par exemple, une pièce de monnaie est à la fois pile et face. Cependant, nous savons tous que dans le quotidien, elle ne peut être que l’un ou l’autre à la fois.

Tout objet est quantique 

A priori, tout objet est quantique. Cependant, Daniel Hennequin physicien, explique “ses propriétés quantiques sont très vite perdues et plus l’objet est gros, plus la perte est rapide”. Il faut donc rester à l’état microscopique pour étudier et prolonger l’état quantique.

On en arrive à une des conséquences les plus concrètes actuellement. Un ordinateur quantique pourrait facilement casser les plus sophistiqués de nos codes secrets. C’est ce qu’a démontré le processeur de Google. Il a calculé en 3 minutes, ce qu’un supercalculateur classique aurait mis des milliers d’années.

La remise en cause de la cryptographie actuelle 

L’ordinateur quantique aurait donc un impact considérable sur nos capacités à traiter les informations. L’algorithme quantique le plus prometteur est celui de Shor, il est capable de factoriser aussi vite que de multiplier, alors que dans un calcul classique, il y a une différence de temps de résolution entre les deux opérations. Un ordinateur quantique universel, capable d’exécuter l’algorithme de Shor à grande échelle, remettrait en cause toute la cryptographie régissant nos codes de sécurité (cartes de crédit, etc…). Celle-ci, est fondée sur la longueur de la factorisation (l’algorithme RSA).

La recherche en cryptographie ne s’en laisse pas compter, elle n’a pas dit son dernier chiffre. “Elle est même plus avancée que l’ordinateur quantique“, assure Daniel Hennequin.

Crédit photo : Once upon a time

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