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Reconnaissance faciale : dispositifs nouveaux, interrogations anciennes

Il y a des pays où la reconnaissance faciale, couplée à la vidéosurveillance de masse se développe largement sous la férule du gouvernement. Et puis, il y en a d’autres où cette pratique fait débat. Il est question de son utilité et des dérives de sa mise en place. Des questions se posent, et même le gouvernement américain admet les travers des logiciels de reconnaissance faciale. En France, la CNIL a mis en garde dans une note contre les “risques d’atteintes aux libertés individuelles”.

Donc, du côté américain, c’est une étude du National Institute of Standards and Technology (NIST), un centre affilié au gouvernement, qui donne l’alerte. La constatation est simple, les systèmes de reconnaissance faciale utilisés dans le pays ne sont pas exempts de tous reproches. Il apparaît que de nombreux systèmes sont “racistes”. En effet, sur la base de l’analyse de plusieurs dizaines d’algorithmes, les personnes asiatiques ou noires ont 100 fois plus de risque d’être identifiées à tort que les personnes blanches. Il en est de même pour les femmes noires, car deux algorithmes attribuent le mauvais sexe à des femmes noires dans 35 % des cas.

Plus de données diverses pour aborder la diversité des données

En fait, le système ne fait qu’interpréter. La base de l’analyse relève encore de la subjectivité humaine. De fait, les algorithmes développés aux Etats-Unis, présentent un taux d’erreurs plus élevé pour les Asiatiques entre autres. Par contre, d’autres conçus dans des pays asiatiques parviennent à identifier aussi bien les visages asiatiques que blancs.

Encore une fois, c’est une histoire de bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. On peut voir dans ce résultat, un espoir d’amélioration du système avec plus de données diverses. Hélas, on peut aussi considérer que l’utilisation à grande échelle de cette technologie qui reste subjective et biaisée, menace les libertés individuelles.

Il est à noter, que ces travers ont amené certaines villes américaines à interdire l’usage de la reconnaissance faciale par la police et les services municipaux au cours des derniers mois.

Les limites, les dangers et les risques du dispositif 

Le débat se nourrit aussi en France, car de nombreux dispositifs ont été mis en place aux portiques et aux guichets des aéroports, ou même dans des lycées à Marseille et à Nice. L’Etat a également lancé Alicem, qui permet à tous de prouver son identité sur Internet. C’est le ministère de l’Intérieur et l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) qui a développé cette application pour smartphone. Bien sûr, tout ceci est scruté de près par des associations soucieuses de défendre les libertés.

La manière dont le sujet est traité et l’écoute de voix contradictoires est primordiale. La volonté ou non de mettre en avant la primauté de la liberté individuelle face à l’efficacité de la surveillance de masse, peut en dire long sur la vision de la gouvernance du gouvernement d’un pays.

Crédit photo : Y@nnickR

 

 

 

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