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Droit voisin : Google négocie des accords avec des médias

Lorsque les choses n’avancent pas comme on veut, parfois mieux vaut faire valoir la négociation que l’affrontement. C’est certainement ce que Google veut faire en essayant de mettre en place des négociations avec des éditeurs de presse. Il s’agit pour lui, de calmer les esprits à propos de sa volonté de tirer des bénéfices indus de leurs informations.

A ce stade, ce n’est qu’un début, mais c’est un changement de manière de faire, pour le géant californien. Jusqu’ici, Google avait largement fait la sourde oreille à ceux qui lui reprochaient de se tirer des bénéfices indus de leurs informations. Ces critiques émanent beaucoup de la France et plus largement de l’Europe. Google, a toujours refusé de payer pour les liens vers des articles qui apparaissent dans les résultats de recherches, et n’a pas changé de position sur ce point. La firme californienne, fait valoir qu’elle génère du trafic vers les sites d’informations, et qu’elle aide ainsi leurs éditeurs à engranger des recettes publicitaires.

Des recettes en jeu de plus en plus conséquentes 

Il faut dire, que les recettes publicitaires qui gravitent autour des différents contenus et la recherche qu’ils suscitent, ont largement augmenté. Ces recettes sont pour l’instant sans contrepartie.

C’est pour cela, qu’une directive européenne a créé un “droit voisin”. Celui-ci, étend si l’on peut dire les droits d’auteur. Si le droit d’auteur est un droit de propriété intellectuelle sur une œuvre de l’esprit, les “droits voisins du droit d’auteur” sont accordés à des personnes physiques ou morales, qui ont participé à cette oeuvre sans en être les auteurs premiers. A  ce titre, les entreprises de presse sont concernées, car elles accompagnent les journalistes dans la publication des articles de presse, sans en être directement les auteurs. La France, a été le premier pays à ratifier la directive. Cela donne la possibilité d’intenter des actions.

Négocier plutôt que s’opposer

De fait, le géant du numérique a décidé de ne plus afficher d’extraits d’articles, y compris le titre, le chapô et le début du texte de l’article. Même attitude, dans les résultats de son moteur de recherche, ainsi que dans son service Google actualités, sauf si les éditeurs autorisent à le faire gratuitement. Evidemment, le risque des médias est d’être bien moins exposés et ainsi de perdre une grande partie de leurs lecteurs habituels.

Pour ne pas apparaître une nouvelle fois, comme le méchant de l’histoire, Richard Gingras, Vice-président de Google, explique “c’est un sujet qui nous est cher, et nous discutons avec des partenaires et cherchons des façons nouvelles d’élargir notre coopération avec les éditeurs”. Google réfléchit à des accords pour développer des informations “premium” et ainsi trouver un arrangement avant le mois de mars. C’est à ce moment-là, que l’Autorité de la concurrence pourrait donner son verdict suite à la plainte déposée par plusieurs organisations de presse dont l’AFP, contre Google.

Crédit photo : Cesar Solorzano

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